Glossaire


Quelques définitions de mots techniques…​

…​ et des mots et expressions pour sourire.

Sources des définitions.
4e catégorie

(5) Un bateau en quatrième catégorie pouvait naviguer en mer en s’éloignant jusqu’à 20 miles
d’un abri (37 km). C’était une réglementation française, elle a donc changé plusieurs fois ces dernières années.

38 mètres, un

C’est un automoteur de 38 mètres de long. (Il peut faire 39 mètres, on l’appelera quand même "38m".)
Au départ, nous avions les péniches en bois. Elles étaient au gabarit Freycinet, donc 38 mètres et des brouettes de longueur.
Le bois a été remplacé par la tôle rivetée. Puis ces bateaux ont été motorisés. Ils sont donc devenus des automoteurs.
Dans les automoteurs, il y a les "petits", taille péniche : les 38 mètres, et les "gros", les chalands.
Les gens d’à terre appellent tout "péniche", même moi, petit bateau de plaisance, ils m’appellent "péniche" !

à terre

(5) Endroit dangereux. (On descend à terre, même si pour cela, il faut grimper à une échelle.)
À terre, il y a des voitures qui peuvent vous renverser, des chiens, des fossés…​ On peut s’y perdre.
le retard d’à terre : terrible, angoissant. Quand mon Capitaine était enfant, le "retard d’à terre" le terrifiait.
À chaque écluse, sur la Seine, il y avait un épicerie, "un Familistère". Pendant la sassée, la "maîtresse de bateau"
allait vite y faire ses achats. Parfois elle tardait à revenir. Les portes de l’écluse allaient s’ouvrir. Mon Capitaine
pensait qu’on ne pourrait pas l’attendre : ça bloquerait d’autres bateaux derrière. Elle était "retard d’à terre."
Et mon Capitaine avait peur de perdre sa maman. Enfin, elle arrivait ! Elle est toujours revenue.
Parfois elle lui donnait une "surprise" : un cornet de papier coloré, contenant quelques bonbons, et un petit jouet.
Tout redevenait en ordre. Le Marinier pilotait, le moteur ronronnait. Vite, dans la marquise !
gens d’à terre (ou plus simplement "d’à terre") : vous.

à bord

(5) Le nid. (On monte à bord, même si pour cela, il faut sauter sur le rouf, depuis un quai.)
Lieu de travail pour le Marinier, et lieu de vie pour tous. Toute la famille réunie en permanence, dans un petit espace.
Le paysage défile. La pluie chante sur le métal du rouf. On est bien.
gens d’à bord : ceux qui sont nés, qui travaillent ou vivent à bord. La maman de mon Capitaine n’était pas une marinière,
mais elle était une femme d’à bord. Mon capitaine est un gars d’à bord. Il ne l’a pas choisi.
Un marinier facétieux avait appelé son bateau "Moi d’à bord". Que voulait-il dire ?

amarre, une

(du néerlandais *aanmarren (« maintenir attaché au moyen d’amarres »))
(3) Câble ou cordage servant à relier un navire à un point fixe.
(4) Chaîne ou cordage servant à attacher un navire à un point fixe (quai, bouée, autre navire…​) ou à le haler dans un port.
Jeter une amarre, rompre ses amarres.
(5) Ces définitions officielles correspondent au monde maritime. Une bonne amarre mesure au moins deux mètres de plus que
la longueur de son bateau, et elle est munie d’une boucle à un bout. Elle est indispensable pour franchir une écluse.

amont, un

(1) Côté d’où vient un cours d’eau, sa partie supérieure
(4) En parlant d’un point déterminé d’un cours d’eau, partie comprise entre ce point et la source,
direction d’où vient le courant.
(5) Un bateau montant remonte la rivière contre le courant.
Sur la Mayenne, venant de Daon, on arrive à l’écluse de Ménil, montant.

ancre, une

(1) Objet lourd au bout d’une corde ou chaine, qu’on laisse tomber au fond de l’eau afin d’empêcher un bateau de dériver.
(4) Pièce d’acier qui fait partie du gréement et qu’on laisse tomber à l’aide d’une chaîne ou d’une haussière
au fond de l’eau, où elle s’accroche de manière à retenir le bateau. "Mouiller l’ancre, mettre le navire à l’ancre."
(5) On ne jette pas l’ancre (sauf Hercule, peut-être) : on la laisse tomber, ou on la mouille.
Mon Capitaine s’étonne que l’ancre soit souvent le symbole de la marine, et de la batellerie.
On ne l’utilise jamais en canal, et rarement en rivière, et alors surtout en cas de "coup dur".
L’ancre représente les moments d’arrêt, quand on ne navigue pas. Pas très dynamique, comme symbole !
Bien sûr, elle a une forme remarquable. Mais l’hélice, ou le macaron aussi. Ils conviendraient bien mieux.

artisan, un

(3) Travailleur indépendant, qui justifie d’une qualification professionnelle et d’une immatriculation
au répertoire des métiers pour l’exercice, à son propre compte, d’une activité manuelle.
(5) On peut distinguer deux sortes de mariniers : les artisans, et les salariés.
Les artisans travaillent sur leurs propres bateaux. Les salariés sont employés d’une compagnie de navigation.
Il n’y a pas de cloison étanche entre les deux. Un fils cadet d’artisan peut s’engager dans une compagnie,
un salarié qui a amassé un pécule suffisant peut acheter son propre bateau et devenir artisan.

automoteur, un

(2) Péniche de transport fluvial, dotée d’un moteur et se déplaçant par ses propres moyens.
(5) C’est presque juste. En fait, le nom est utilisé pour tout bateau de transport fluvial motorisé.

aval, un

(1) Côté vers lequel descend un cours d’eau.
(4) En un point déterminé d’un cours d’eau considéré comme descendant depuis sa source,
partie comprise entre ce point et l’embouchure.
(5) Un bateau avalant descend la rivière, aidé par le courant.
Sur la Mayenne, on peut naviguer à l’amont de Laval.

bachot, un

(5) Charmante petite coque de noix, en métal, insurmersible grâce à deux coffres étanches.
Une annexe pratique et sûre. Sa petite quille rendait le godillage du Marinier très efficace.
Le bachot était posé à plat pont. Une petite grue permettait de le mettre à l’eau en quelques secondes.
Enfant, attaché à lui sur le pont, le Capitaine y a joué et rêvé de longues heures.

baignoire, une

(1) Abri de navigation intégré dans le massif d’un sous-marin d’où s’effectue la veille optique
quand il navigue en surface. Exposé aux paquets de mer (d’où son appellation de baignoire).
(5) La baignoire du Chinouk, un espace tout à l’avant du bateau, bien fermé par une haute hiloire
et entouré de coffres-bancs accueillant huit personnes - permet à l’équipage et aux invités de voir
le paysage arriver, lors des navigations ; sur les bateaux de mer on est à l’arrière, et on voit moins bien.
Dans cette baignoire, on peut y prendre des bains…​ de soleil. Et jouer sans risque, quand on est enfant.

bief, un

(1) Portion d’un canal de navigation ou d’une rivière canalisée comprise entre deux écluses, deux barrages ou deux chutes.

bordaille, une

(1) (Marine) (Vieilli) Ensemble des planches pour faire le bordage.
(2) Murailles de certaines péniches.
(5) Avouons que parfois, on n’est pas gâté avec les définitions officielles. La bordaille, c’est le côté, le flanc du bateau.

boulard, un

(2) bollard : Bitte d’amarrage à terre constituée par un gros fût cylindrique en acier coulé et à tête renflée.
(5) Les gens d’à terre disent "bollard" ou "bitte". Je leur laisse ces mots.
Mon Capitaine a toujours entendu "boulard", quand c’est à bord ; et "pieu", quand c’est à terre.
Le mot "boulard" vient du vieux norrois et signifie littéralement « cœur courageux ». C’est beau, non ?

bricole, une

(2) un harnais prenant place sur la poitrine du cheval de trait et remplaçant le collier
qui doit être beaucoup plus ajusté. Par analogie, on appelle bricole la sangle ou lanière de cuir que certains ouvriers
se passent sur l’épaule ou la poitrine pour porter des fardeaux (déménageurs) ou traîner des bateaux (haleurs à bras).
(5) C’est le premier pas qui coûte. Il faut accepter de laisser du temps. Puis le bateau s’ébranle, et prend lentement de
la vitesse. Ensuite, c’est moins dur, si la péniche navigue à vide. Sauf en cas de vent contraire.
Le halage humain "à la bricole" ne se pratiquait qu’en canal, pour économiser le coût des animaux de trait.
Le hâleur se plaçait un peu de côté. Il portait toujours un couteau, "au cas où", et une cheville pouvait être larguée
instantanément, pour ne pas finir "à l’eau", en cas de fausse manoeuvre.
Gaston, le père du Marinier, a parfois hâlé sa péniche à la bricole.

caillebotis, un

(3) Treillis formant plate-forme isolée du sol, pour laisser écouler l’eau dans un bateau.
(5) Le caillebotis est une sorte de boîte ouverte en haut, dans laquelle on range les amarres métalliques,
pour qu’elles puissent être stockées avec un grand rayon de courbure, et sécher rapidement.
C’était considéré comme un endroit dangereux, sans doute à cause des barbes métalliques,
et du risque de se coincer le pied : mon Capitaine n’avait pas le droit de jouer dedans.
Caillebotte est un peintre impressionniste, architecte naval et régatier, amoureux des bords de Seine.

canal, un

(1) (Transport) Tranchée creusée de main d’homme pour établir des communications par eau d’un lieu à un autre
et faciliter le transport des denrées et des marchandises.
(3) Voie navigable artificielle, comportant une série de biefs dans lesquels est maintenu un mouillage à peu près constant.
(5) "Un canal, des canaux…​" ce pluriel particulier a causé bien des soucis à des générations d’élèves…​ Et continue.
Ça semble tout simple, la différence entre canal et rivière. D’un côté une tranchée artificielle, de l’autre un cours naturel.
Mais quand on navigue sur la Sarthe, on est en rivière. Et sur l’Oust, de l’Île aux pies à Josselin, on est en canal.
Moi, je ne vois pas la différence : il s’agit de deux rivières avec des écluses. Les ingénieurs l’ont appelé "canal" pour faire
croire que le Nantes à Brest est entièrement artificiel, leur oeuvre donc. De la pub, de l’intox, déjà, sous Napoléon !

capitaine, un

(2) Personne qui commande un navire de passagers ou de marchandises
et qui assume l’entière responsabilité des activités à bord.
(3) Personne responsable d’un bâtiment fluvial automoteur.
(5) Pour une fois, le Larousse tire son épingle du jeu. Le vrai titre était "capitaine-mécanicien d’un navire à moteur".

Capitaine, mon

N’oublions pas que je suis le chinouk, bateau de plaisance de l’ouest, et que c’est moi qui parle dans ce blog.
J’ai un "c" minuscule, pour me distinguer du Chinouk, automoteur pétrolier sur lequel est né mon Capitaine.
Le Capitaine (avec un "C" majuscule) est mon propriétaire, et mon pilote habituel. Il est le second fils du Marinier.

chaland, un

(2) Grand bateau plat servant au transport des marchandises sur les rivières. Avec l’avènement de la vapeur et du remorquage,
le mot chaland a été plus ou moins réservé aux grands bateaux portant de 3 à 600 tonnes ou même 800 tonnes sur la Seine
et mesurant environ 45 m de long sur 7 à 8 m de large.
(5) Les mariniers distinguaient volontiers les "gros" des "bâtards" pour les distinguer des bateaux au gabarit Freycinet.
Le Marinier a commandé le "Chinouk" d’origine, un chaland rivé de 45 mètres sur 6,65m, de la compagnie Citerna.
À 2,70 m d’enfoncement, il transportait 650 tonnes d’hydrocarbure, (et 30 tonnes de cuves, précisait le Marinier).
Mon Capitaine a récemment vu, sur la Seine, des chalands transportant plus de 1 500 tonnes de marchandise.
Bien sûr, un chaland n’est pas une péniche. Il serait bien incapable d’entrer dans une écluse Freycinet !

claire-voie, une

(1) Panneau vitré, souvent articulé, recouvrant une écoutille et permettant ainsi l’entrée d’air
et de lumière du jour sous le pont d’un bateau.
(5) Ce dispositif était très efficace. Belle aération par l’air qui monte, et éclairage zénithal très lumineux.

crue, une

(2) Augmentation importante du débit (et par conséquent du niveau) d’un cours d’eau, d’un lac ou d’une retenue,
le plus souvent attribuable aux précipitations ou à la fonte des neiges.
(5) Une rivière a trois niveaux de lit. Comme on la voit habituellement, la rivière coule dans son lit mineur.
En cas de fortes pluies, le courant s’accélère, (la couleur de l’eau vire au marron, ce qui montre l’augmentation
de sa "compétence" : sa capacité de transport) et la rivière déborde. Plus précisément, elle retrouve son lit majeur.
Les gens d’à terre parlent d’inondations, mais c’est folie de construire dans le lit majeur…​

défense, une

(2)Engin de protection (constitué de cordages, caoutchoucs, madriers, fascines) qu’on suspend le long du bord
pour amortir les chocs et pour éviter la ragage de la coque contre un quai ou contre la coque d’un autre navire.
(5) Les mariniers appelaient les renforts aux épaulures, des défenses fixées, donc, "les moustaches".
En plaisance fluviale, on parle plutôt de "ballons", et en mer de "pare-battages".

denbord, un

(5) Mon capitaine doit s’y coller : les dictionnaires officiels sont muets au sujet de ce mot d’origine néerlandaise.
Les denbords, ce sont les bords verticaux, en haut de la cale, qui reçoivent les panneaux d’écoutille.

diverses, un

(2) Domaine transport > transport maritime : Marchandises diverses.
(5) Un "diverses" est un automoteur qui peut transporter de tout, dans sa grande cale ouverte, qu’il a hérité de la péniche :
des céréales, des gravats, du charbon, des poteries, du sable…​ tout ce qu’on veut, quoi.
Mais on a aussi adapté, ou construit, des bateaux destinés à un usage précis. Méthanier pour le gaz ;
pétrolier pour les hydrocarbures ; pinardier pour le vin (si, si !) ; merdeux, pour les rejets parisiens…​
Aujourd’hui, on a des bateaux spécialisés dans le transport des conteneurs, des voitures, du tri sélectif…​

duc-d’Albe, un

(1) (Construction) (Génie civil) Pieu ou faisceau de pieux émergeant et destiné à l’amarrage ou à l’évitement des bateaux.
Le terme provient du néerlandais, parce que Ferdinand Alvare de Tolède, duc d’Albe et gouverneur des Pays-Bas,
faisait amarrer ses bateaux à des pieux lors de son séjour au Portugal.
(5) Au départ, cette construction était constituée de trois pieux, se croisant au sommet, à la manière d’un tipi indien.
Ces extrémités étaient solidement serrées entre elles par des liens métalliques. Ensuite, on a construit des ducs-d’Albe
en métal, et même en béton. Ils sont toujours implantés suffisamment loin de la rive pour qu’un bateau à fort tirant d’eau
puisse s’y amarrer sans crainte de se "mettre au sec", de s’échouer.
Ce nom particulier a toujours rendu songeur mon Capitaine. Maintenant, il connait l’origine. Et vous aussi.

écoutille, une

(3) Ouverture ménagée dans le pont d’un navire pour donner accès aux cales et aux entreponts.
(5) C’est la large ouverture de la cale. Elle n’est pas tout-à-fait aussi large, de façon à laisser deux plats-bords
de chaque côté, pour circuler de l’avant à l’arrière.
L’écoutille peut être fermée par des panneaux d’écoutille. Au début, pour les manoeuvrer, il fallait être deux.
C’était un travail pénible : on les entassait pour libérer la cale, ou on les redisposait pour la fermer.
Maintenant, un système de rails permet de les faire glisser, presque sans effort.

écoire, un

(2) Pièce de bois servant à maintenir le bateau à une certaine distance de la berge.
(5) Un écoire est indispensable pour ne pas heurter le bord, ou pour ne pas risquer de se mettre "au sec"
quand le niveau de l’eau de la rivière baisse.

écubier, un

(1) Ouverture pratiquée vers l’avant d’un bâtiment, généralement de chaque côté de l’étrave,
destinée à faire passer la chaîne d’ancre.

embâcle, un

(1) Masse d’objets solides (bois, glaces) emportés par les eaux lors d’une crue puis bloqué dans le lit de la rivière,
par exemple par un étranglement du lit (notamment au niveau d’un pont), et qui gêne le passage de l’eau.

épissure, une

(2)Procédé de matelotage qui permet de faire un œil à l’extrémité d’un cordage
ou de réunir deux cordages en un seul sans faire de nœud.
(5) Encore une fois, il faut aller chercher la meilleure définition chez nos cousins québécois.
Le Marinier était le champion des épissures. Quel que soit le cordage : chanvre, nylon, fil d’acier…​
il savait mettre une belle boucle au bout, par une épissure fine, sans renflement disgracieux.

fargue, une

(2) Les fargues sont des pavois surbaissés,
mais en navigation intérieure on emploie ce terme (substantif féminin pluriel) pour désigner le pavois avant.
(5) Oui, mais pas de chance, ici nous sommes à l’arrière. C’est souvent sur les fargues qu’on peint le nom du bateau.

gaffe, une

(2) Espar constitué d’un fer de gaffe portant un croc et une pointe emmanché sur une perche dite manche de gaffe,
et qui est utilisé pour accrocher un anneau, un faux bras à l’accostage d’une embarcation, pour s’écarter d’un quai
à l’appareillage, pour sonder le fond, etc.
(5) De nos jours, en plaisance, le croc est en plastique. La gaffe est très pratique pour attraper un anneau de bouée,
pour accrocher un ponton quand le bateau ne s’approche pas suffisamment…​ bref pour rattraper une manoeuvre un peu ratée.
Il ne faut pas utiliser une gaffe pour repousser le bateau, en la mettant devant soi, au risque de s’écraser la poitrine.
Et mon Capitaine est partagé entre amusement et inquiétude quand il voit les équipages novices des bateaux de location
brandir toutes les gaffes du bord, à l’entrée des écluses.

gouvernail, un

(1) Dispositif mobile, fixé à l’arrière d’un navire, d’un bateau, d’un avion qui sert à lui faire prendre
telle ou telle direction, le faire aller du côté qu’on veut.
(2) Pièce immergée, en général à l’arrière d’un navire, qui s’oriente à la demande pour modifier la trajectoire de celui-ci.
(5) Le gouvernail sert à modifier la direction du bateau, c’est vrai. Mais pas seulement. Le plus souvent, il sert
à faire aller le bateau en ligne droite, malgré le vent, le courant…​
Et ce n’est pas évident, de simplement aller en ligne droite, sans accumuler les embardées, pour un novice !
Plus le bateau est lent sur l’eau, plus grande doit être la surface immergée (la taille) du gouvernail.

macaron, un

(2) La plupart des bateaux sont équipés de gouvernails manœuvrés par des drosses et des secteurs.
Les mariniers disent "être au macaron, ou tenir le macaron". (5) Le Marinier disait parfois "tu prends le manche ?"
(5) Le macaron évoque une forme ronde. Ce mot réunit le père et la mère de mon Capitaine.
Le macaron (le manche) pour son père. Le délicieux macaron de Nancy pour sa mère.

large, un

(5) En général, les canaux ont une largeur inférieure aux trente-huit mètres des péniches.
Elles ne peuvent donc pas faire demi-tour. Alors, de loin en loin, on a prévu un élargissement
du canal, qui permet de virer. Les officiels parlent d'"aire de virement". Les mariniers disent "un large".

liston, un

(1) Longue bande de bois protectrice qui, au dessus de la ligne de flottaison, s’étire sur
toute la longueur de la coque d’une embarcation ou d’un navire.

Maman, la

Épouse du Marinier, maman de mon Capitaine.

marinier, un

(2) Personne dont la profession est de naviguer sur les fleuves, les rivières et les canaux.
(5) Il aurait été utile de préciser "à bord d’un bateau de transport"…​
Dans le sud de la France, on utilise le terme "batelier", comme l’indique Larousse en ligne :
(3) Batelier : Personne dont la profession est de naviguer sur les fleuves, les rivières et les canaux.
(5) Ils disent bien "chocolatine" au lieu de "pain au chocolat", pourquoi pas "batelier" au lieu de "marinier"…​

Marinier, le

Père du Capitaine.
Écrit avec une majuscule pour lever le doute.
Il a été matelot sur l’Allier, puis sur l’Aisne. Il a ensuite été capitaine sur l’Aurodrecho, puis sur le Mousson, le Fango
le Chinouk, où est né mon Capitaine, et enfin le Rafale.

marquise, une

(2) Espèce d’auvent en bois pour garantir le marinier de la pluie et du soleil.
(3) Poste de commande d’un automoteur.
(5) Espace de rêve. On y accédait directement depuis le logement, par un escalier. Mon Capitaine y voyait le paysage défiler,
à côté de son père qui dirigeait le Rafale, fier automoteur de 60 mètres. Parfois, il avait le droit de "prendre le manche" :-)

matelot, un

(3) Membre subalterne de l’équipage, ayant à bord d’un navire une fonction relative à la conduite et à l’entretien du bâtiment.
(5) Souvent marinier de naissance, mais pas toujours. S’il fait ses preuves pendant quelques temps, le capitaine le désignera
au chef de navigation, afin qu’il soit présenté au permis. Il pourra alors devenir second, souvent sur un autre automoteur.
Mais s’il ne fait pas l’affaire : alcool, retard, manoeuvres mal faites…​ il est débarqué.
Le mot "matelot" vient du néerlandais mattenoot (« compagnon de couche »).

péniche, une

(3) Bateau pouvant naviguer sur les canaux de classe I. (Les péniches sont actuellement, en presque totalité,
automotrices. Leur port en lourd est de l’ordre de 250 t pour un enfoncement de 1,80 m.)
(4) "des péniches brunes, vernissées, rehaussées de cuivres éclatants et marquées en proue d’une croix de peinture blanche."
Van der Meersch, Empreinte dieu, 1936
(5) Les gens d’à terre appellent "péniche" tout ce qui flotte sur la rivière, même moi, petit chinouk, ils m’appellent "péniche"!
Les mariniers, à l’inverse, savent bien le sens originel du mot : un bateau en bois, sans moteur, d’une longueur de presque
quarante mètres et transportant 250 tonnes "au mètre quatre-vingts". Voir aussi : "automoteur", "chaland".

planche, une

(2) Moyen de liaison que l’on installe entre le bord et le quai.
(2) Peut être une simple planche ou une espèce d' échelle à marches plus élaborées.
(5) Accessoire indispensable à bord. La planche du Chinouk, puis du Rafale, était longue et souple.
Elle ondulait sous les pas. Il fallait savoir adapter son pas à cette souplesse.

plat-bord, un

(1) Large bordage qui termine l’œuvre morte sur le pourtour du bâtiment.
(4) [De lourdes nefs, des péniches] venaient, comme endormies aussi, de l’eau jusqu’aux plats-bords
(Van der Meersch,Empreinte dieu, 1936, p.25).
(5) Partie plane et étroite longeant les denbords (ou hiloires), permettant de circuler autour de la cale.
C’est là où l’on marche pour aller de l’arrière à l’avant. En mer, ils appellent ça un "passavant".

plate-forme, une

(5) La plate-forme du Chinouk, à l’arrière, a été rajoutée en 2013. Elle est en métal et bois.
C’est une réalisation de Joseph, qui travaillait à Entrammes. Large de 50 cm et longue de deux mètres.
Elle permet d’installer un moteur hors-bord, et une échelle de bain. Elle supporte un vélo.

poite, un

(2) marine > partie de bateau : logement avant.
(5) Ce mot a sans doute pour origine "pointe". Dans le poite vivait le matelot, et éventuellement sa famille.
Le capitaine vivait dans le rouf. Ce logement à l’arrière était plus grand. Sur les chalands plus longs, il fallait trois hommes
d’équipage (le capitaine, le second et le matelot). Dans ce cas, le poite était divisé en deux.

remorqueur, un

(2) Bâtiment à propulsion mécanique, de tonnage moyen, muni de machines puissantes et construit pour déplacer
d’un point à un autre des navires dans un port, un fleuve et parfois en mer.
(5) Sur un canal, on peut faire avancer le bateau à partir de la berge.
Mais en rivière, c’est plus compliqué : la largeur du lit, le courant, les propriétés privés sur les rives…​
Alors on a cherché d’autres solutions. Le touage, dans les tunnels ou entre Conflans Sainte-Honorine et Paris.
Les remorqueurs sont une autre solution. Les guêpes étaient des remorqueurs.
D’abord à vapeur - ce qui les faisait surnommer "chaudrons" par les mariniers - puis à moteur thermique,
ils ont travaillé sur la Seine du XIXeme aux années 1960.
Ces bateaux à la forme particulière, au moteur puissant, remorquaient un convoi de plusieurs péniches non motorisées.
Ensuite les chalands ont été motorisés, ils n’avaient donc plus besoin de remorqueur, et se libéraient de la contrainte des convois.

Le capitaine d’un remorqueur était un personnage important. Il était le chef du convoi. Il décidait de tout : de l’heure du départ,
de l’endroit où on s’arrêtait pour passer la nuit, de la position des péniches dans le convoi…​
(la dernière place était la plus inconfortable et demandait un marinier expérimenté).

rivière, une

(2) Cours d’eau d’importance variable recevant des tributaires et se déversant dans une nappe d’eau
ou un cours d’eau plus important.
(5) Les mariniers n’utilisent pas spontanément le terme "fleuve", qui est une subtilité de géographes, et de gens d’à terre.
Mais on emploie l’adjectif "fluvial" : un transport fluvial, par exemple. Connaissez-vous un adjectif à partir de "rivière" ?

rouf, un

(1) Petit logement généralement situé à l’arrière du pont supérieur d’un bateau et ne s’étendant pas sur toute la largeur.
Depuis 1582, du moyen néerlandais roef, roof (« sur un navire : toit, pont, espace couvert habitable »).
(5) Sur moi, le chinouk, il s’agit de la cabine arrière, et de son toit.

second, un

Le titre complet est "second capitaine", mais on ne disait jamais comme ça. Le second a d’abord été matelot.
Puis il a passé son permis professionnel. Alors, et pour compléter sa formation, il devient second, souvent sur un chaland.
Les chalands, grands automoteurs, nécessitaient un équipage de trois personnes.
Quand son capitaine le juge prêt, ou quand le chef de marine le décide, il peut être nommé capitaine d’un petit, d’un 38 mètres.
Et dans quelques années, si tout se passe bien, il deviendra capitaine d’un gros, d’un chaland…​
Mais s’il fait une grosse bêtise, s’il est jugé responsable de dommages au bateau…​ il peut être débarqué sur le champ.

seuil en Loire

(2) Secteur peu profond du lit d’un cours d’eau, constitué par une rupture de pente oblique de moins de quatre mètres
Le phénomène géomorphologique qu’est le seuil peut avoir pour effet d’accélérer la vitesse du courant et ainsi de former un rapide.
(5) Sur la Loire, en montant, les principaux seuils sont à Saint-Florent-le-Vieil, Montjean-sur-Loire, Chalonnes-sur-Loire
il s’agit de ruptures de pente naturelles ; et le pire : le pont-rails de l’Alleud (l’épaisseur des piles forme barrage).

tinette, une

(2) Nom donné par les mariniers au seau métallique ou plastique équipé d’une bosse ou cordage de 3 m environ,
servant à puiser l’eau du canal pour usages divers, le lavage du pont par exemple.
(3) Récipient servant au transport des matières fécales et employé comme fosse d’aisances mobile.
(5) Eh oui, les mariniers transportent de l’eau, là où les gens d’à terre transportent de la…​ Chacun ses choix !
En fait, "tinette" est une petite "tine", et une tine est une sorte de tonneau qui sert à transporter l’eau. (1)
Les gens d’à bord ont donc raison. Enfant, mon Capitaine croyait que la tinette avait été inventée par Tina.
Quand le bateau avance, il faut de la prudence pour emplir sa tinette à la rivière. La maladresse est sanctionnée
par la perte de la tinette (honte) ou par une chute dans l’eau !

tôle rivetée

Ce mode d’assemblage a connu une très large utilisation dans l’assemblage métallique au XIXe siècle.
Il a longtemps été employé en construction navale. Pour en savoir plus, voir : Wikipédia
(5) Ce fut une révolution. Auparavant, malgré la qualité de leur construction, malgré les soins incessants (goudron…​), les péniches
fuyaient. Chaque matin, c’était la corvée : il fallait se relayer à la pompe (un simple tube avec un clapet au bout d’une tige en bois,
un peu comme une pompe à vélo. La construction en tôle a libéré de cette contrainte, souvent confiée aux plus jeunes.
Les bateaux sont devenus plus solides. Cette technique a permis la construction de bateaux plus grands que les péniches,
dépassant les 38 mètres, et donc l’apparition des chalands.
L’angle formé par la bordaille et le fond était renforcé par des "genouillères" (fer en équerre) qui rendaient le bateau
très "directif" : il allait facilement tout droit, mais virait mal.

vidange, un

(2) Déplacement de bateau à vide en navigation intérieure.
(5) On disait "un vidange" pour "un bateau naviguant à vide". Le contraire, c’est "chargé".
Parfois, aussi, on disait "à vide". Était-il avide d’une nouvelle cargaison ?

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